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title: "PEA-Tech : Financer l’IA française et la souveraineté technologique"
description: "Et si votre épargne finançait l’avenir ? Découvrez le PEA-Tech, un levier pour soutenir les start-up d’IA et renforcer la souveraineté technologique française."
canonical: "https://www.figenai.com/lepargne-des-francais-dort-pendant-que-nos-start-up-sessoufflent-plaidoyer-pour-un-pea-tech"
locale: "fr"
updated: "2026-09-13"
published: "2025-10-03"
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# « L'épargne des Français dort pendant que nos start-up s'essoufflent » : plaidoyer pour un PEA-Tech

Alors que 110 milliards d'euros sommeillent dans 7 millions de PEA français, nos start-up d'intelligence artificielle et de deeptech peinent à lever quelques millions pour rivaliser avec les géants américains. La révolution du PEA annoncée à l'Assemblée pourrait être l'occasion de créer un PEA-Tech, soutient Vincent Aurez, expert IA et finances.

Le PEA s'apprête à muer. Dans les couloirs de l'Assemblée, un amendement parlementaire dessine les contours
d'une épargne libérée : plafonds abolis, enveloppes unifiées, transmission facilitée. Trente ans après sa création,
le Plan d'épargne en actions (PEA) pourrait bien connaître sa révolution copernicienne.
Mais derrière l'enthousiasme des épargnants se cache un paradoxe français tenace. À quoi bon déverrouiller les
milliards dormants si cette manne ne trouve pas le chemin des entreprises qui façonnent l'avenir ? Car la vraie
question n'est plus de savoir comment épargner, mais comment épargner utile.
Les PME de rupture se débattent dans le désert

La France investit dans l'intelligence artificielle, mais pas encore dans sa propre souveraineté technologique.
Alors que les start-up IA et deep tech françaises lèvent difficilement quelques millions d'euros, les marchés
s'enflamment pour des valorisations artificielles à l'autre bout de l'Atlantique. En 2023, les start-up d'IA générative
ont levé 22 milliards de dollars, dont l'écrasante majorité aux Etats-Unis. Pendant ce temps, les PME françaisesde rupture se débattent dans un désert de financement.
Le paradoxe est criant : la France détient 7 millions de PEA représentant plus de 110 milliards d'euros, mais à
peine 2,7 milliards sont fléchés vers le PEA-PME. Et si l'on créait enfin un PEA-Tech, taillé pour irriguer les
entreprises qui portent notre destin industriel et scientifique ?
Des PME IA assoiffées de capital

## Une dynamique entrepreneuriale réelle, mais mal financée

La dynamique entrepreneuriale française est bien réelle. En 2024, ce sont 385 start-up deeptech qui ont vu le
jour. Des entreprises comme Mistral AI, Owkin , Pasqal ou Innovafeed incarnent cette génération de bâtisseurs à
haute intensité technologique. Elles n'ont pas besoin de subsides : elles ont besoin de capital.
Pourtant, alors que la loi Pacte a élargi les possibilités du PEA-PME, l'essentiel de l'épargne des Français reste
sous-utilisé, conservée dans des fonds prudents ou sur des livrets à faible rendement. Le potentiel est là,
endormi. Il suffirait d'un véhicule simple, visible, incitatif : un PEA-Tech ouvert à tous, avec un bonus fiscal pour
les fonds ou titres liés aux technologies stratégiques. Une manière de rapprocher l'épargnant citoyen de
l'économie réelle et d'en faire un acteur du progrès.

Financer l'IA, ce n'est pas céder à la mode du moment. C'est identifier et soutenir des usages industriels concrets,
des outils souverains, des champions en gestation.

L'Histoire nous l'a appris : la frontière entre emballement technologique et bulles spéculatives est mince. La crise
des dotcoms ou la frénésie crypto nous ont vaccinés contre l'euphorie sans fondements. Mais toute phase
d'innovation a besoin d'un momentum financier. Le danger n'est pas l'afflux de capitaux, c'est leur mauvaise
allocation. Financer l'IA, ce n'est pas céder à la mode du moment. C'est identifier et soutenir des usages
industriels concrets, des outils souverains, des champions en gestation. Ce n'est pas gonfler des valorisations,
c'est faire grandir une économie de la connaissance. Entre le fantasme spéculatif et la frilosité budgétaire, une
voie existe : celle du capitalisme d'innovation.
Financer l'IA, pas les bulles

## Le rôle de l'État stratège

L'Etat stratège a montré son efficacité : Colbert au XVIIe, le Plan Calcul au XXe, et aujourd'hui Bpifrance ou les
IPCEI en Europe. Mais dans une économie moderne, l'Etat ne peut pas tout. Ce qu'il peut - et doit - faire, c'est
mettre en musique les incitations. Ce PEA-Tech serait un signal fort : oui, les Français peuvent investir dans leur
souveraineté. Oui, le risque peut être partagé entre épargnants, investisseurs institutionnels et pouvoirs publics.
Oui, la souveraineté numérique se finance aussi dans les portefeuilles.
Dans un monde où l'IA redéfinit les chaînes de valeur, être spectateur, c'est devenir vassal. Le temps est venu de
transformer l'épargne dormante en moteur d'indépendance. Financer l'IA, pas les bulles : c'est parier sur
l'intelligence long terme.
